Diversité altermondialiste

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jeudi 10 mai 2018

FETE A MACRON le 5 mai : Quid du lien avec les quartiers populaires ?

FETE A MACRON le 5 mai : Quid du lien avec les quartiers populaires ?
D’aucuns ont pu observer ce lendemain du 5 mai 2018 (grande fête à Macron) que les habitants des quartiers populaires étaient relativement absents de cette grande manifestation. Difficile à dire. Est-ce que cela se repère aisément un habitant des quartiers populaires ? Faut-il beaucoup de Noirs et d’ Arabes ? De quel type (car ils sont extrêmement divers) ? Faut-il un grand nombre de femmes voilées ? Oups ! Sans doute pour partie mais pas absolument. Admettons néanmoins que les « quartiers populaires » soient restés relativement hors de la manifestation. Bien que l’on puisse faire erreur, cela pose la question des liens entre espaces territoriaux et sociaux.
I - Les « quartiers populaires » ne concernent pas que les familles immigrées ou issues de l’immigration.
Les quartiers populaires sont divers : multicolores (blancs et non blancs) et multi-ethniques (soit avec une diversité culturelle et d’origine). Il ne faut donc ni accepter la racialisation externe (venant du FN ou de la droite), ni celle interne, en réaction. C’est Michel Kokoref qui exprimait cette tendance ainsi : « Tout se passe comme si la racialisation « par le haut » s’inversait dans un processus d’ethnicisation « par le bas ». Cependant, on ne saurait pour autant « ethniciser les rapports sociaux » dans les « quartiers de relégation » comme le disait jadis Jean-Marie DELARUE. Il s’y pose certes le problème des discriminations cumulées sans doute plus fortement qu’ailleurs.
nb : Mes connaissance sur ce sujet sont certes anciennes mais s’y ajoute les propositions récentes de M Borloo (1). Comme militant antiraciste et engagé jadis sur cette question spatiale, sociale et culturelle (je travaillais alors aux HLM ), je me suis très longtemps appuyé sur cette question sur l’ouvrage désormais ancien - 1991 - de Jean-Marie DELARUE « Banlieues en difficultés : la relégation » ( 1) . J’y ai ajouté plus tard Michel Kokoreff (invité à Rennes par Michèle Fougeron présidente du MRAP 35) sur la subjectivité active et les liens sociaux dans ces QP. On a tendance - moi aussi parfois - à oublier cet aspect.
II - Classisme au plan territorial et social.
Les QP concentrent les phénomènes d’exclusion et ceux du mal-vivre des grands ensembles. Deux aspects donc. Retour ligne manuel
- Les quartiers évoquent au plan SPATIAL un milieu urbain assez dégradé et des logements peu spacieux (HLM) à franchement insalubres fort différents des lotissements des classes plus aisées (sans parler de l’habitat du 1% d’en-haut). Retour ligne manuel
- Au plan SOCIO-ECONOMIQUE la population des QP concerne les classes sociales modestes et pauvres soit les plus dominées au plan économique et social (2), qu’ils s’agissent des nationaux ou de simples résidents, d’ athées ou de croyants, de métropolitains ou de « domiens » (issus des DOM-TOM) ou de migrants ACP, etc.
Que ce soit en termes d’espace territorial ou en termes de populations subissant plus fortement le chômage (à deux chiffres ici), c’est à eux que le FN et le MEDEF pensent à propos d’« assistanat ». Il y a une alliance objective entre l’extrême-droite et une fraction du patronat pour limiter les investissements et les aides dans les quartiers délaissés de la République.
III - République, services publics et quartiers populaires
La République, l’intérêt général et le bien commun valent pour tous et toutes au plan des territoires comme au plan humain donc des différentes couches ou classes sociales. Il en va de notre modèle social que de faire un tel effort.
Cet effort proprement politique - autonomie du politique - suppose de combattre le « développement inégal et combiné du capitalisme » ou pour le dire plus simplement le « mal développement » tant au plan territorial que social. C’est sur ce plan que l’implantation diffuse des services publics prend toute son importance. Or il se trouve que la démarche actuelle est à l’inverse en réduction du maillage territorial. Cela se voit dans plusieurs secteurs.
IV - Sexisme et racisme
On trouve, en plus de la forte domination économique et sociale et du mal-habitat, un grand nombre de victimes du sexisme et du racisme, victimes que l’on retrouve certes aussi au sein des « classes moyennes » (je n’aime guère cette expression mais la stratification socio-économique existe véritablement du fait du rapport social de solvabilité face aux marchés, surtout quand les services publics sont rabougris) et même au-dessus encore (au sein des classes dominantes). Ces deux formes d’oppression sont endogènes et exogènes ce qui signifie qu’elles sont intra-espace communautaire et extra-espace communautaire. Il y a cumul.
S’agissant du racisme, - qui est mon propos - l’accent est souvent mis par les acteurs (de mobilisation intra-espace communautaire) contre le « racisme d’Etat » (interpellation policière au faciès) et le silence est souvent fait contre les intégrismes religieux, notamment celui musulman.
Il importe de défendre ici un antiracisme universaliste, sans campisme, sans populisme, sans communautarisme, c’est à dire sans amalgame ni essentialisme. Ce qui suppose dans le contexte actuel de combattre tout autant l’antisémitisme que l’islamophobie. Le tout sans accepter les intégrismes religieux.
V - Quels liens de solidarité ? 
Marcher ensemble ou marcher séparément ?
Les « quartiers populaires » interviennent publiquement via divers organes de représentation avec lesquels nous pouvons être partiellement en désaccord. Soit nous arrivons - c’est fonction des discours tenus, des compromis possibles - à marcher ensemble soit nous marchons séparément contre un ennemi commun : le capitalisme financier par exemple avec ses déclinaisons variables qui frappent différemment les fractions du peuple-classe multicolore.
Christian DELARUE
1) Plan Borloo pour les quartiers : le décryptage du Bondy Blog - Bondy Blog
Thomas Kirszbaum : « On a atteint un point critique dans la désolidarisation vis-à-vis des quartiers » - Bondy Blog
XXX
« La force des quartiers populaires : de l’indifférence à l’engagement » - Christian DELARUE - BELLACIAORetour ligne automatiqueRetour ligne automatique
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=48866
Plan du livre « Banlieues en difficultés : la relégation » de Jean-Marie DELARUE -Ed Syros Ten 1991
1- Des habitants tenus en lisièreRetour ligne automatiqueRetour ligne automatique
2 - Les politiques publiques et les quartiersRetour ligne automatiqueRetour ligne automatique
3 - Quelle stratégie ? Citoyenneté plus trilogie du 4.Retour ligne automatiqueRetour ligne automatique
4 - L’urbain, le social, l’économique.Retour ligne automatiqueRetour ligne automatique
5 - Cultiver la ressemblance, cultiver la différence.Retour ligne automatiqueRetour ligne automatique
6 - Jalons pour la mise en oeuvreRetour ligne automatiqueRetour ligne automatique
7 - Les réalisateurs
2) On trouve aussi des pauvres et des couches sociales modestes en habitat peu confortable en milieu rural. N’oublions pas au passage les agriculteurs pauvres . Il n’y a pas que les gros agriculteurs défendus par la FNSEA .

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